La Langue Grecque, l’inspiration de Queneau

Raymond Queneau

Depuis l’époque de Bakhtine et sa connue théorie autour du « dialogisme », toutes les notions, arts et cultures se trouvent dans un dialogue éternel. Chaque artiste est influencé de plusieurs façons, tandis que l’art ne connait pas des frontières.

En adoptant cette conception autour de l’art de la littérature, nous voudrions partager avec vous le cas où une langue officielle d’un pays a pu constituer une source d’inspiration et d’influence pour un jeune écrivain.

De quelle façon la langue grecque écrite et parlée les années ‘30 a pu constituer une source d’inspiration pour Raymond Queneau et son œuvre littéraire ?

Un de plus grands romanciers, poètes, dramaturges français du XXème siècle, Raymond Queneau découvre depuis sa jeunesse une passion pour la lecture et les mathématiques. Il étudie la Philosophie à la Sorbonne avant suivre des cours de mathématiques.

Après son début en tant qu’écrivain surréaliste, il a réalisé progressivement que les considérations surréalistes ne lui permettaient pas d’approfondir son art de l’écriture.

A Paris, il devient cofondateur du groupe littéraire OuLiPo (Ouvroir de Littérature Potentielle), groupe ayant pour objectif de découvrir le potentiel du langage et de moderniser l’expression à travers des jeux d’écriture en combinant les principes mathématiciens avec la langue afin d’expérimenter et renouveler l’art de la littérature et du langage.

Et, bien avant la fondation de ce groupe littéraire, Queneau écrivait déjà des livres, des essais, des critiques, des poèmes et des romans en s’expérimentant autour des plusieurs thématiques dont sa conception autour des langues.

En effet, le fonctionnement du langage a constitué une des principales préoccupations de Queneau depuis sa jeunesse. Au cours de sa vie, il avait abordé plus ou moins quinze langues, sans les avoir pour autant toutes maitrisées couramment. Les cours linguistiques qu’il a suivis pendant ses études à la Sorbonne ont lui offert les connaissances nécessaires, afin qu’il puisse par la suite s’expérimenter tant autour du langage écrit que du langage parlé.

Le mercredi 27 juillet 1932, la famille Queneau arrive en Grèce. La Grèce constituera pour lui plusieurs sources d’inspiration, qui influenceront non seulement son style d’écriture qu’il utilisait à son premier roman Chiendent, mais aussi ses choix langagiers postérieurs. Ses conversations avec les intellectuels grecs, comme Tériade, un ami des Deux Magots, Embirikos, Kalamaris, Dimaras, Ouranis et Katsimbalis, comme il décrit dans son livre « Voyage en Grèce », en combinaison avec la lutte langagière existante de l’époque entre la langue de puristes appelée « katharevousa » et la langue courante appelée « dimotiki », consistait pour Queneau une véritable inspiration, parce qu’il n’a jamais pensé qu’une langue si classique pouvait conférer la coexistence de ces deux « langages » si différents.

Pour lui, ce débat consistait déjà une vraie source d’inspiration. Il a même réussi de surpasser les idées prônées par la « dimotiki » pour exceller à travers de ses innovations langagières, comme par exemple, il associait dans la même phrase plusieurs éléments de la langue courante et de la langue écrite.

Souvent, il choisissait écrire des mots en utilisant l’orthographe phonétique ou bouleverser l’ordre de la syntaxe aux dialogues. Il a créé plusieurs néologismes fabriqués de sa conception pour la langue « néo-française ».

Queneau a utilisé plusieurs langues afin de composer ses néologismes, comme la langue allemande, italienne, grecque etc. Un exemple très caractéristique parmi autres du néologisme en utilisation la langue grecque est le mot « sidérodromeux stathme », qui signifie la gare en français dans son livre « Exercice de style ».

Tout compte fait, c’est évident que Queneau était aussi influencé par la pensée philosophique grecque et plus précisément il était « touché » par Platon, notamment à travers de son livre « Chiendent ». N’ayant jamais oublié son voyage en Grèce, trois années après sa disparition, un recueil de ses articles et essais a été intitulé « Le voyage en Grèce ». Le cas de Queneau illustre parfaitement bien le fait qu’une culture étrangère peut influencer la culture d’une personne et que cette personne peut se l’approprier pour la faire refléter dans son œuvre et à ses conceptions artistiques et spirituelles.

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